Rachel Kolly d'Alba

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- 08. JAN 2012, « Le matin dimanche », Text: Karine Vouillamoz


RACHEL KOLLY D’ALBA,

«J’ai demandé à avoir un violon quand j’avais 2 ans»
Karine Vouillamoz

CLASSIQUE Elle est la première soliste suisse à signer sur une major. La flamboyante violoniste poursuit une voie toute tracée.
Rachel Kolly d’Alba a suivi ses rêves d’enfant. A l’âge de 2 ans déjà, elle savait qu’elle voulait devenir violoniste. Aujourd’hui trentenaire, la Romande a sorti plusieurs albums, a pactisé avec un label international et, surtout, elle poursuit brillamment une voie toute tracée. Son dernier disque, «French Impressions», honore le répertoire français. Enregistré avec l’Orchestre symphonique de Bienne, dirigé par Jean-Jacques Kantorow, il présente des facettes très riches de la musicienne.
A quelques jours de Noël, nous l’avons rencontrée dans un grand hôtel lausannois. Longue chevelure flamboyante, regard de braise, elle a de faux airs de la Bree van de Kamp de «Desperate Housewives»! «Oui, on me l’a déjà dit», glisse-t-elle avec un sourire, avant de nous parler avec passion de son actualité et de son compagnon de vie, le violon.
Qu’est-ce qui vous a poussée vers ce répertoire?
J’ai toujours eu une fascination pour cette période, c’est une crête artistique. Un homme comme Saint-Saëns, par exemple, est populaire et il capture tellement bien les changements d’émotions, les mélodies. Il a toute la science des Allemands comme Schumann, Brahms. Jusqu’en 1920, il y a une émulation entre les compositeurs et très peu de choses sont écrites pour le violon. Ravel n’écrit pas de concerto, Debussy non plus. Alors qu’avec le violon, on peut faire tout ce qu’on veut. Il y a la fantaisie, le côté volcanique, virtuose.
De nombreux artistes classiques cèdent au mélange des genres. Ça vous tente?
Aujourd’hui, tout le monde veut tout faire très vite. J’ai voulu faire du violon à 2 ans. A 10 ans, je voulais être violoniste professionnelle, arrêter l’école. Et si je dis que mon répertoire est entre 1850 et 2000, ça peut paraître extrêmement restreint pour certains mais je trouve qu’il y a tellement de choses à faire! Je veux toucher le public, bien sûr, mais avec passion. Je pense à une phrase de Pierre Tchernia qui disait qu’il ne servait à rien de niveler par le bas du moment où on arrive à partager sa passion.
Est-il vrai que vous vous entraînez au violon huit heures par jour?
Quand j’ai des gros programmes, oui. J’essaie de bosser le plus possible car sur scène, on ne peut pas mentir. Pour maintenir le niveau, le tonus, le vibrato, le contact avec son instrument, c’est trois heures par jour. Après, pour l’acquisition de nouveaux répertoires, c’est sans fin.
Depuis votre enfance, vous avez passé votre vie sur le violon?
Oui, j’ai toujours eu cette espèce de fil rouge. On allait au concert de l’Orchestre de chambre de Lausanne à la Maison de la Radio avec mes parents, c’était une fête! On était bien habillés, mes sœurs étaient magnifiques et moi, j’étais fascinée par le violon. Vers 1 an, je le pointais. A 2 ans, je le demandais et j’ai tellement insisté qu’à 5 ans, j’ai eu mon premier violon. Je vivais avec, je dormais avec mais je ne travaillais pas énormément car mes parents n’étaient pas musiciens, ils ne m’ont pas poussée. A 12 ans, j’ai joué en soliste. Le week-end, je bossais quatorze heures. Et personne ne me le demandait.
Avez-vous tout de même vécu une enfance normale?
Oui, j’ai même fait ma belle crise d’adolescence, je lisais Sartre!(Rires. )Mes parents trouvaient ça terrible. Je recevais des lettres sous la porte de ma mère qui me disait «Rachel, ça ne va plus, pourquoi lis-tu Diderot, les fatalistes, c’est mal!» J’avais parfois des livres qui disparaissaient comme par enchantement. Si ma fille fait sa crise d’adolescence avec de la musique classique et des bouquins, j

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