Rachel Kolly d'Alba

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- 4. APRIL 2010, "Le Nouvelliste", par Joël Jenzer

"QUATRE CORDES POUR UNE PASSION"

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Quatre cordes pour une passion

CONCERT - Rachel Kolly d'Alba passe sa vie avec son violon. La musicienne, qui vient de signer chez le prestigieux label Warner, se produit en solo à Sion vendredi soir.
Propos recueillis par Joël Jenzer

Elle est l'une des violonistes les plus réputées de sa génération. Rachel Kolly d'Alba vient de s'offrir une belle carte de visite en signant avec le prestigieux label Warner Classics. Son album «Passion Ysaÿe» vient de sortir. Elle y interprète en solo des pièces très exigeantes: «Pour moi, c'était un défi de jouer les six sonates d'Ysaÿe, car c'est considéré comme l'une des choses les plus difficiles qui puissent exister pour le violon seul, avec les «Vingt-quatre Caprices» de Paganini...» raconte la violoniste rencontrée dans son appartement de Montreux.

Outre sa passion pour l'oeuvre d'Ysaÿe, Rachel Kolly d'Alba explique qu'un disque est un moyen indispensable pour les musiciens de s'afficher. «Pour nous, avoir un CD, c'est la façon d'avoir du travail.» Devenue «artiste exclusive» chez Warner, Rachel Kolly d'Alba a déjà d'autres disques en préparation, avec, pour la musicienne, une liberté artistique totale. «Il n'y a pas quelqu'un qui dit: «Oh! une jeune femme avec les cheveux rouges! Alors on va vous photographier dans une forêt et vous allez ressembler à un elfe», ou ce genre de bêtises.»

Violons anciens

Sur son disque, la musicienne joue sur un violon datant de 1727, qui lui a offert toute la finesse pour retranscrire toutes les subtilités des pièces d'Ysaÿe. Mais il n'est plus possible aujourd'hui, pour les jeunes artistes, de posséder un Stradivarius haut de gamme, l'instrument valant souvent plusieurs millions de francs. «Pour ces six prochains mois, je joue avec un instrument qui m'est prêté par une fondation suisse. C'est un Vuillaume - le Stradivarius français - qui date des années 1800, un instrument unique. Mais après, je vais devoir m'en séparer.» (Swiss Global Artisitc Fondation)

Rachel Kolly d'Alba vit de son violon. Elle donne des concerts en solo - comme ce vendredi dans le cadre de la Schubertiade Sion -, mais aussi avec un pianiste ou en tant que soliste avec un orchestre. Si elle apprécie jouer seule, la compagnie d'autres musiciens la ravit. «Je suis déjà seule dans mon travail les 99% du temps: mes huit heures de violon, je les fais seule dans ma chambre avec mes quatre murs...» La violoniste avoue préférer jouer en soliste avec orchestre: «C'est une pression que j'adore, il y a toute cette masse orchestrale, toutes les couleurs possibles avec lesquelles on dialogue, on est porté par le volume sonore, par l'énergie. Et on partage ça avec un chef. Ce sont des moments privilégiés.»

Huit heures par jour

Huit heures d'entraînement par jour, c'est donc le régime obligatoire auquel Rachel Kolly d'Alba se soumet. «Il y a une sorte de tension permanente avec le muscle du vibrato. Si je ne joue pas, même une seule journée, je sens déjà la différence. Alors c'est vrai que je ne fais jamais de vacances à la mer, à la plage. Je n'ai pas cette notion, ni cette envie, d'ailleurs.» La violoniste n'aime rien tant que sa vie au quotidien avec son instrument. A 5 ans, elle dormait avec. Et depuis, elle n'a jamais lâché son violon. «J'ai besoin de ça. Ma définition du bonheur, ce n'est pas quand ça s'arrête, c'est quand il y a trop!»

Aujourd'hui, forte de son expérience et de son talent, Rachel Kolly d'Alba est sereine. «Avec le temps, on se fait confiance. Je n'ai jamais eu un concert qui s'est mal passé. Donc de quoi aurais-je peur? Même si on a toujours un peu de stress et le trac. Mais j'aime bien les challenges aussi.»

Vendredi 2 avril à 19 h à la Fondation de Wolff, rue de Savièse 16 à Sion, dans le cadre de la Schubertiade Sion. Au programme, Jean-Sébastien Bach et Eugène Ysaÿe. Infos: www.schubertiadesion.ch

repères

Rachel Kolly d'Alba est née à Lausanne. Elle commence le violon à l'âge de 5 ans. La musicienne fait ses débuts de soliste avec orchestre à 12 ans. Considérée comme l'une des violonistes les plus douées de sa génération, la jeune femme se produit dans de nombreux festivals internationaux. Rachel Kolly d'Alba est devenue la première artiste
suisse à signer chez le prestigieux label Warner.


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