Rachel Kolly d'Alba

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- 19. MAY 2014, « 24 heures», M. Chenal



sortir ce week end
Rachel Kolly d’Alba joue Tchaïkovski à Montreux
Matthieu Chenal

ClassiqueLa violoniste suisse évoque l’un de ses concertos favoris

Stra-Stra-Tcha! annonce fièrement l’affiche du prochain rendez-vous de la saison culturelle de Montreux. Non, ce n’est pas un concert Stracciatella mais Stravinski-Strauss-Tchaïkovski! Et derrière ce trio russo-germanique se cache en réalité un concert symphonique 100% montreusien, offert par l’orchestre OSE et son chef, Daniel Kawka.

Quel est en effet le point commun entre le balletL’oiseau de feud’Igor Stravinski, leConcerto pour violonde Piotr Illitch Tchaïkovski et lesVier letzte Liederde Richard Strauss? A des périodes fort différentes, ces trois chefs-d’œuvre incontestables ont tous été composés dans la commune de Montreux, sur les bords du Léman.

Rachel Kolly d’Alba, qui habite dans les hauts de Montreux, viendra défendre leConcertode Tchaïkovski et cette invitation l’émeut profondément: «J’avais 12 ans lorsque je suis venue écouter Maxime Vengerov dans ce concerto, à l’Auditorium Stravinski. Je venais toujours au concert avec ma maman et on partait à l’entracte, car il y avait l’école le lendemain. J’ai gardé un souvenir très précis de ce concert et de l’autorité superbe de Vengerov dans cette musique. C’est un drôle de retour dans le passé: aurais-je pu imaginer que je jouerais ce concerto dans cette salle?»

Au-delà de l’émotion, Rachel Kolly d’Alba se réjouit de se replonger dans cette musique «aux sonorités généreuses et aux vibrations intenses». Ayant pu suivre l’an dernier des répétitions d’Eugène Onéguine, la violoniste a pu sentir les similitudes entre les mélodies de l’opéra et celles du concerto: «On retrouve les mêmes méandres enfiévrés qui amènent pourtant toujours quelque part. En même temps, malgré la difficulté technique, c’est un concerto qui sonne magnifiquement bien au violon. On ressent un plaisir physique à être contre l’instrument. On peut y exprimer toutes nos qualités de son, de couleurs, de vibrato: c’est une jolie tenture à peindre!» Quant à savoir si les couleurs lémaniques se ressentent dans ce concerto que Tchaïkovski écrivit à Clarens, la soliste en doute. «Par contre, on sait qu’il l’a écrit en très peu de temps et donc qu’il était dans de parfaites conditions pour composer. Il s’est bien senti sur Terre à ce moment-là, et il a écrit un chef-d’œuvre. » Matthieu Chenal

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