Rachel Kolly d'Alba

<-- Back


- 20. JAN 2014, « Cooperation», Les petits plats dans les grands.

read Online/

coop
Elle met les petits plats dans les grands
Rachel Kolly d’Alba. Toujours entre deux tournées, la Montreusienne s’arrête chez elle pour un concert à l’Auditorium Stravinski. Rencontre avec une musicienne flamboyante et une maman heureuse.
«
Le violon est un instrument qu’on porte tout contre soi. Au début, il y a un côté doudou»

Rencontre
C’est entre deux séries de concerts à l’étranger que la violoniste vaudoise nous accueille dans son appartement montreusien. «Depuis septembre, je vis une saison particulière où je voyage beaucoup.» Entre les Etats-Unis, l’Amérique du Sud et de nombreux pays européens. «Là, je reviens juste d’Irlande et je me prépare à repartir en Espagne, puis à Saint-Pétersbourg. Après, ça se calmera un peu.» Sans oublier qu’aux concerts, il faut ajouter les jours de répétition. «Avec les orchestres, je dois souvent compter trois ou quatre jours.» 
Enfance
Rachel Kolly d’Alba est la plus jeune d’une famille de trois filles. «Enfant, j’aimais surtout jouer dehors. J’avais un énorme côté garçon manqué et j’ai toujours détesté mettre des jupes et des collants. Plus sérieusement, j’ai toujours aimé lire, écrire, faire des petits carnets.» Même si elle n’aimait pas particulièrement l’école. «J’avais une horreur de l’obéissance de groupe. Dès que je pouvais ne pas travailler ou me faire remarquer pour être punie, je le faisais. Cela a été une de mes activités principales entre 8 et 14 ans. Je sais que j’ai embêté mes camarades. On me changeait régulièrement de place car l’élève à côté de moi disait que ses notes avaient chuté.»

Cuisine
«Je cuisine beaucoup. J’improvise et j’adore ça. Je suis de plus en plus passionné par les épices et par tout ce que l’on peut faire avec. Avant, je sophistiquais beaucoup. Maintenant, je choisis des aliments de base simples, de la meilleure qualité possible. Je les apprête avec les épices les plus raffinées. Ici, je peux bénéficier de producteurs locaux grâce aux fermiers. Je peux donc m’approvisionner avec des produits de la région. Pour le poisson, je profite de mes fréquents déplacements, car ce n’est pas une spécialité valaisanne!»

Maman
Rachel Kolly d’Alba est maman d’une petite Amarena, âgée de 8 ans, dont elle partage la garde avec son ex-mari. «Je suis présente en principe deux semaines par mois. C’est une règle intouchable, mais on s’arrange. Comme maman, je ne peux pas faire de compromis. Moi, j’ai eu une maman à la maison et je sais que c’est très important.» Même s’il est parfois difficile de concilier ce rôle et celui de soliste. «Ma fille voyage avec moi depuis sa naissance. Je l’emmène pendant les vacances ou les week-ends. C’est aussi l’occasion de partager ma passion pour la musique avec elle.»
Musique
«J’ai accompagné ma famille très tôt aux concerts de l’Orchestre de chambre de Lausanne.» Ses deux sœurs faisaient du piano. «On chante aussi beaucoup dans unefamille fribourgeoise.» Vers2 ou 3 ans, elle a commencéà demander un violon, qu’elle a finalement reçu à 5 ans. «Entre le moment où j’aiexprimé l’envie de faire du violon et le moment où j’ai commencé, j’ai l’impression que ça a duré une éternité. Quand j’ai reçu mon premier instrument, j’ai dit que j’en avais rêvé toute ma vie. En plus, j’ai dormi avec. Au début, c’était davantage l’objet que le travail de la musique, mais j’ai assez vite croché.» 
«
Je suis bien à la maison. Je sors quand mon frigo est vide…»



Spiritualité
La musicienne est née dans une famillecatholique pratiquante. «Mon père était journaliste dans les médias catholiques. Comme tout gamin, j’ai fait ma rébellion et j’ai choqué mes parents. A 12 ans, j’ai écrit un essai, Quarante questions pour devenir athée.» Ce qui ne l’a pas empêchée de garder la morale ancrée en elle. «Comme larigueur et la discipline, c’est quelque chose qui m’est resté. S’il y a des discussionsenflammées avec les amis opposés au catholicisme ou à la hiérarchie, je m’interpose violemment. Ce réflexe est resté en moi.»
Actualité
Le 23 mai, la Montreusienne se produira dans sa ville. Accompagnée par l’Orchestre symphonique (Ose) dirigé par Daniel Kawka, elle jouera le concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovsky (réservations au 021 962 21 19). «C’est la première fois que je jouerai au Stravinski, où j’ai entendu énormément de concerts. Notamment Maxim Vengerov dans ce même concerto. Je me revois encore dans les balcons, tout en haut, écouter cela. J’étais impressionnée par sa façon de jouer.» Elle se réjouit de ce concert à domicile. «C’est génial. Je prendrai le bus pour aller donner un concert. Je peux même m’y rendre à pied si je veux.»  

Portrait
Parcours. Rachel Kolly d’Alba est née le 21 mai 1981 à Lausanne. Elle est considérée comme l’une des musiciennes suisses les plus talentueuses de sa génération. 
Compagnon. Son compagnon est le chef d’orchestre américain John Axelrod. «Il mène sa carrière et n’est presque jamais là. Ma vie ne ressemble pas au modèle dans lequel j’ai été éduquée.»
Stradivarius. «Depuis avril 2011, je joue un Stradivarius de 1732. Son propriétaire me fait bénéficier d’un prêt pour apparemment vingt ans. De quoi avoir une relation fusionnelle…» 
Conservatoire. «J’étais en latin/grec, mais je n’aimais pas l’école. J’adorais le conservatoire. J’étais avec des grands et je recevais de l’attention différemment. Ça me plaisait davantage.»
Ambassadrice. Ambassadrice de Handicap International, elle s’est rendue au Cambodge en 2012. «J’aimerais à l’avenir travailler encore plus pour tout ce qui touche à la charité.»
Mercury. C’est le nom du lapin de sa fille. Elle enpartage aussi la garde. «Il n’aime que la nourriture de Coop. Je viens de luidonner autre chose et il a retourné sa gamelle…»
Amis. «Certains de mes bons amis n’ont rien à voir avec la musique. Ils ne m’entendent pas souvent et ne savent pas vraiment ce que je fais.Mon travail ne fait pas partie de nos conversations.»



<-- Back